Polémique autour du mariage homosexuel à Mexico!

2010 janvier 31
par Jade Latargère

Le droit de se marier et d'adopter des enfants est un droit que réclame la communauté homosexuelle depuis plusieurs années. Sur la photo, un couple de lesbiennes avec ses enfants, lors de la Gay Pride à Mexico, en 2008.

Le 21 décembre 2009, l’Assemblée Législative du Distrito Fédéral a réformé plusieurs articles du Code Civil, qui permettent aux couples homosexuels de se marier et d’adopter des enfants. Dans un pays aussi conservateur et religieux que le Mexique, la ville de Mexico a ainsi réaffirmé qu’elle se situait à l’avant-garde en ce qui concerne la défense du droit des minorités, au grand dam de l’Eglise Catholique et du Parti Action Nationale (PAN).

De nouveaux droits pour les homosexuels

Depuis mars 2007, les couples homosexuels qui vivent à Mexico ont la possibilité de constituer « une société de cohabitation » (sociedad de convivencia), une sorte de PACS qui leur permet de bénéficier de certains droits qui jusque-là étaient réservés seulement aux conjoints reconnus par la loi (droit de succession, droit de tutelle). Mais considérant que cette réforme n’a pas permis d’égaliser les droits des couples homosexuels et hétérosexuels, en novembre 2009, David Razú, député du Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD), présente une initiative destinée à établir que le mariage est une union entre 2 personnes, et non plus seulement une union entre un homme et une femme, et que les couples homosexuels peuvent adopter des enfants. Grâce à la majorité dont dispose le PRD à l’Assemblée, ces réformes sont approuvées en moins d’un mois,  avec 39 votes à faveur, 20 contre, et 5 absentions.

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Défendre les droits de l’homme: une activité dangereuse au Mexique

2010 janvier 25

infosmexique

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L’organisation Amnistie Internationale a présenté jeudi 21 janvier un rapport sur la situation que vivent les activistes sociaux et défenseurs des droits de l’homme au Mexique. Le constat est alarmant: ces dernières années, des dizaines de lutteurs sociaux ont été arrêtés et incarcérés, voire même assassinés, souvent avec la complaisance des autorités locales et fédérales.

Le cas de Jesús Emiliano García

Jesus Emiliano García

Jesús Emiliano García est membre du Frente Democrático Campesino de Chihuahua, une organisation qui aide les paysans à obtenir des subventions agricoles et un prix équitable pour leurs récoltes.  Le 9 mars 2007, il a été arrêté et incarcéré, accusé du délit de sabotage par les autorités,  après s’être manifesté face à la délégation du Ministère de l’Agriculture  de l’Etat Chihuahua, aux côtés de 100 autres agriculteurs, pour réclamer des subventions qui leur avaient  été accordées en 2004.

« Les fonctionnaires du Ministère se sont fâchés et ont sollicité l’intervention de la justice, argumentant que j’avais interrompu l’activité économique de la nation », explique Jesús García.

Après 6 jours passés en prison,  Jesús est finalement relâché pour manque de preuve, mais il garde encore un souvenir amer de cette expérience.

« J’ai été incarcéré 6 jours, j’ai été traité comme le pire des criminels,  alors que les criminels qui méritent d’être attrapés circulent librement dans la rue », considère Jesús.

« Il est surprenant de voir qu’au Mexique, le délit de sabotage s’utilise pour réprimer ceux qui mènent les luttes sociales ; j’ai peur, chaque jour, je sors et mène mes activités, avec l’incertitude de ne pas rentrer chez moi le soir».

Un problème généralisé au Mexique

Malheureusement, le cas de Jesús Emiliano García n’est pas isolé. Dans son rapport intitulé « On réclame justice et dignité: défenseurs et défenseuses des droits de l’homme au Mexique »,  Amnistie Internationale présente 15 autres cas d’abus perpétrés entre 2007 et 2009 contre des activistes sociaux qui se battent pour défendre l’environnement, le droit des Indiens ou dénoncer les abus des autorités. Les abus incluent menaces, harcèlement, pratiques d’intimidation,  mais aussi la fabrication de délits pénaux et plusieurs assassinats.  

« Il est difficile de quantifier le phénomène, mais ce que l’on peut dire c’est que la situation est grave », a commenté Nancy Tapias Torrado,  d’Amnistie Internationale, lors de la présentation du rapport.

« Le Mexique fait partie des pays d’Amérique Latine où la situation des défenseurs des droits de l’homme est particulièrement critique, comme la Colombie et le Guatemala».

Face à cette situation, Amnistie Internationale a exhorté le gouvernement mexicain à instaurer de façon urgente un programme pour défendre et protéger les lutteurs sociaux.

« Au Mexique, le défenseurs des droits de l’homme sont menacés et assassinés et pour le moment, le gouvernement n’a pas pris les mesures adéquates pour résoudre le problème, il n’existe pas de mécanismes institutionnels pour protéger et défendre les lutteurs sociaux », a déploré Nancy Tapias.